Comment s’assurer que l’enfant a bien compris une explication qui lui est donnée

On ne peut jamais être certain que l’enfant a bien suivi l’explication qu’on lui a donnée au sujet d’une leçon, d’une correction, d’un point de grammaire ou de la résolution d’un problème de maths.

Il est important de tenir compte des fragilités de la communication orale : y règnent la distraction et la pensée vagabonde. En quelques secondes, une rêverie insidieuse peut s’installer malgré sa bonne volonté affichée, malgré même son désir d’être attentif, de faire effort. Car pour écouter, il ne suffit pas d’ouvrir grandes ses oreilles. L’enfant doit, en permanence et en simultanée, s’emparer de ce que l’on dit. Les mots, les phrases doivent se transformer en sens dans son esprit.
Quand on parle à son enfant, il faut savoir qu’il entend mais n’écoute pas forcément, même s’il en a l’attitude. Ou il peut avoir suivi le raisonnement, mais cela ne veut pas dire qu’il s’en est saisi et l’a compris.

Ce n’est pas parce qu’on répète qu’il comprend davantage.

Donc pour éviter le temps perdu inutilement, éviter que l’enfant regagne sa chambre guère plus avancé que lorsqu’il est venu poser une question, quémander une aide, on lui demande de reformuler -avec ses mots- ce que l’on vient de lui dire.

Attention : il est important que ce soit avec ses propres mots qu’il reformule les explications. C’est seulement ainsi que l’on peut s’assurer qu’il s’en est bien saisi, qu’il les a comprises.

L'idéal parental

L’écoute et l’accompagnement de l’enfant sont essentiels à son épanouissement. Et la confiance qu’on a en lui, la croyance en ses possibilités.

Il est important que l’idéal parental, en ce qui concerne sa scolarité, ne soit pas un idéal fantasmé se substituant à son propre désir. Dans les premières années de la vie, l’enfant est porté par ses parents, médiateurs de ce désir. Au fil des apprentissages, ils lui permettent de gagner son autonomie. Et pour cela ils le laissent expérimenter et en tirer des enseignements, choisir des voies qui n’auraient pas forcément été les leurs ; ils l’aident à couper le cordon ombilical, acceptent qu’il devienne un enfant-sujet.

Malheureusement le désir de certains enfants reste enfermé dans celui des parents. Si ces enfants-objets ont un statut vivable, si ce n’est confortable, tant qu’ils sont en primaire, cela devient infiniment plus difficile à l’entrée au collège, c’est-à-dire à l’adolescence. Ils perdent toute motivation à travailler.

« Je travaille pour faire plaisir à Maman. » « Mes parents veulent que j’ai tout bon en problèmes. » « Si j’ai pas la moyenne, ils sont pas contents. » Ces phrases reviennent fréquemment dans la bouche des enfants, de ceux qui n’ont pas découvert le goût d’apprendre. Qui n’ont pas appris à apprendre pour eux, pour se construire. « Or se découvrir capable de penser avec plaisir et de penser son plaisir est le préalable nécessaire à toute activité de pensée » dit la psychanalyste Piera Aulagnier, (1) ce que nous notons chaque jour avec les élèves, en difficulté ou non, qui viennent consulter.

Rendre l’enfant autonome, c’est aussi l’accompagner, lui donner les repères pour avoir accès à la conscience, à la connaissance, pour occuper sa juste place, la place qu’il aura choisie. C’est lui donner des limites : un espace ouvert repérable.

L’idéal parental doit se rapprocher de ce que l’on pourrait appeler un projet et coïncider avec celui de l’enfant. Nous avons alors des conditions idéales pour que, soutenu avec bienveillance et rigueur, il puisse travailler.

Quand ce n’est pas le cas, il s’essouffle à satisfaire ses parents, ce à quoi il n’arrive pas, et s’il y parvient, c’est au prix de la négation de son propre désir, d’une fragilisation de sa structure psychologique.

(1) Les destins du plaisir, Puf 1979

Amener un enfant à la réflexion

Amener un enfant à la réflexion, c’est tout d’abord lui apprendre à être curieux et à n’avoir pas peur des obstacles ni de faire des erreurs.

C’est le mettre souvent en situation de s’exprimer. De s’exprimer sur des sujets variés et qui l’intéressent. On est dans le dialogue. On s’intéresse à ce qu’il exprime. On n’impose pas ses propres idées, on écoute les siennes et au lieu de lui dire qu’il se trompe, on l’incite à argumenter.

Amener un enfant à la réflexion, c’est lui apprendre que réfléchir c’est autant se poser des questions qu’y répondre.

Secrets de premiers de la classe (donner l'envie d'apprendre)

Conditions matérielles pour un bon travail à la maison

Secrets de premiers de la classe :

  • Dès que je rentre chez moi, j’éteins mon portable et je le laisse à l’entrée pour ne pas être tenté d’appeler un copain. Je le récupère une fois mon travail terminé. ( Loïc 4ème)

  • Ma chambre est couverte d’affiches. Mais en face de mon bureau, le mur est vide. Comme ça je ne suis pas distrait quand je fais mes devoirs. ( Pierre CM2)

Organiser le temps entre travail, activités et sommeil

Secrets de premiers de la classe

  • Je ne travaille jamais avant de me coucher. Je garde la dernière heure pour lire ou écouter de la musique. (Oriane 3ème)

  • Je finis toujours mon travail avant de me connecter sur Internet.

( Léa 3ème)

  • Une heure pour mes devoirs, une heure de guitare, puis de nouveau un peu de travail les jours de révision. ( Oscar 4ème)

Gérer le temps à l’intérieur d’un travail

Secrets de premiers de la classe :

  • Quand je fais un devoir, je demande au prof en combien de temps je dois le faire.

 ( Medhi 5ème)

  • Quand mon devoir est long, je le fais en une seule fois, mais je prends des pauses de quelques minutes. (Cindy 4ème)

Organiser le temps de la semaine

Secrets de premiers de la classe :

  • Mes devoirs je les fais à l’avance chaque fois que je peux, comme ça je suis sûre de ne pas travailler le dimanche ou le soir de ma série télé ou de mes rendez-vous sur le net. (Louise 3ème)

  • Je répartis mes devoirs et mes leçons de la semaine. Je ne travaille jamais après dîner et jamais le dimanche. (Tristan 3ème)

Définir des objectifs

Secrets de premiers de la classe :

  • Mon but est de bien comprendre quand j’irai chez mon correspondant allemand, alors chaque jour j’apprends vingt minutes de vocabulaire. ( Charles 3ème)

Faire des plannings

Secrets de premiers de la classe :

  • J’ai un planning que je colore : en rouge les moments fixes que je ne peux pas changer ; en bleu, ceux qui servent aux imprévus ; en blanc, mes heures de liberté.

( Elise 3ème)

Les erreurs, outils de travail

Secrets de premiers de la classe

  • A la maison, je reprends le jour même les contrôles rendus par le prof et je repère mes erreurs pour ne plus les refaire. (Marjorie 4ème)

  • Je demande aux profs de m’expliquer les commentaires de mes devoirs quand je ne les comprends pas. (Jean 4ème):

  • J’écris sur une liste les erreurs que je ne dois pas refaire. Comme ça, je ne les oublie pas. J’y pense aux devoirs suivants. (Thomas 5ème)

Automatiser pour libérer son esprit

Secrets de premiers de la classe :

  • J’ai appris les tables de multiplication à l’endroit, à l’envers et dans le désordre. Je ne les cherche jamais dans ma tête.( Anaïs CM1)

  • En anglais, quand j’apprends une règle, je me fais plein d’exemples jusqu’à ce que je n’y pense plus. (Perrine 5ème)

La vérification efficace

Secrets de premiers de la classe.

  • Je travaille les énoncés comme s’ils avaient des secrets à me dire.

(Théo CM2)

  • Je vérifie que je n’ai pas fait de fautes d’orthographe même dans mes copies de maths. ( Savéria 5ème)

Travail à voix haute

Secrets de premiers de la classe :

  • Avant j’oubliais des lettres, maintenant je prononce les mots quand j’écris et ça ne m’arrive plus. (Benjamin CE1)

Comprendre et réfléchir, c’est donner du sens

Secrets de premiers de la classe

  • Quand j’apprends une leçon, j’imagine que je suis le prof et que je dois l’expliquer aux élèves. Comme cela, je sais si je l’ai bien comprise. (Mélissa 6ème)

  • Je fais souvent des schémas de mes leçons avec des cases, des flèches, des mots soulignés. Cela m’aide à ordonner les idées. (Marina 4ème)

Apprendre les leçons : passer par la compréhension

Secrets de premiers de la classe

  • Ce que j’aime le plus, c’est les questions que je me pose quand j’apprends quelque chose de nouveau et que je ne sais pas encore.

( Mylène 3ème)

La lecture et le sens

Secrets de premiers de la classe

  • Je souligne au crayon les mots que je ne connais pas. Comme ça je ne perds pas le fil de ma lecture, et je pense ensuite à demander ce qu’ils signifient. (Manon 6ème)

L'éditorial d'Alain Sotto : "Tous préfèrent réussir"

L'éditorial d'Alain Sotto : "Tous préfèrent réussir"

On aime apprendre dès lors que l’on sait pourquoi et comment apprendre.
Un grand nombre d’enfants sont en souffrance scolaire, d’autres font leur travail correctement mais sans éprouver de joie. Ils manquent de motivation, de projet. Comment feront-ils, au sortir de l’adolescence, bac en poche ou non, pour poursuivre des études ou encore conquérir le monde du travail ?
Il serait illusoire de croire que soudain ils vont aimer travailler, faire les efforts qu’il faut pour mémoriser ou réfléchir… Bien entendu, il y a les heureux qui, grâce à une rencontre, quelle qu’elle soit, trouvent à un moment dans leur scolarité, le déclic qui va transformer le pensum scolaire en un apprentissage, lequel certes requiert des efforts, mais apporte aussi de la joie. De la joie ?
(suite…)