La Stratégie du Cancre

La Stratégie du Cancre

Que fait le cancre pendant le cours ? Plusieurs possibilités :

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Il ne fait « rien », c’est-à-dire qu’il n’a rien prévu, n’a déterminé aucun projet : écouter, ne pas écouter, laisser vagabonder sa pensée, ou encore bavarder avec sa voisine ou le copain assis derrière lui. Il est dans la sensation, le mouvement, et cherche le geste, le gloussement, l’astuce qui va faire rire la classe et animer le cours. En fait, il est là pour rien, et rien ne se passera, à part qu’il réussira à tuer une heure.

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Dès que le prof parle, un autre dessine, améliore sa technique, complète sa galerie de personnages, ou il essaye encore une fois de craquer le code de son nouveau jeu vidéo. Il réussit à fuir l’ennui du présent. Evidemment, le cours ne peut exister dans sa tête, et quelques jours plus tard, la veille du contrôle, il devra improviser. Certes il aura entraîné son imagination et progressé dans son hobby. Cela lui sera peut-être utile plus tard. Mais qu’est-ce qui lui est utile dans son présent d’élève ?

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Il est cancre et plutôt rebelle à la règle scolaire : apprendre, répéter, apprendre, répéter…Tout cela est ennuyeux, sans utilité, car de toute façon, les « carottes sont cuites », l’école, c’est pas son truc, etc.

Cependant, il est en cours, contraint d’être là. Et il se dit que, sans trop renoncer à ce qu’il est, il est tout de même plus économique de profiter du travail du prof. En faisant comment ? En enregistrant les mots-clés, les temps forts du raisonnement, en se redisant dans sa tête ce qui est important de garder pour le futur (devoirs, contrôles, examens). Le résultat est payant car à la maison il a moins de travail. Il n’est pas obligé d’apprendre. Tout simplement il réactive et complète ce qu’il a capté pendant le cours. Ainsi une partie du contrôle est préparée, sans qu’il soit obligé de passer des heures (inefficaces) à rabâcher.

Ce cancre est un stratège, il mesure son effort par rapport à un objectif précis : avoir suffisamment d’éléments pour sauver son contrôle et ne pas subir la pression d’un ratage et d’une note calamiteuse. En faire moins que les autres certes, mais que ce soit rentable.

Sans adhérer à la règle scolaire, il réalise un compromis qui le prépare à des plus grands investissements personnels le jour où il aura choisi ce qu’il désire apprendre, ce qu’il désire faire. C’est ce moment futur qu’il préserve car, au fond de lui, il préfère la réussite à l’échec.

1 commentaire

  1. merci

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